La culture du figuier
Le figuier (Ficus carica) est un arbre méditerranéen généreux et robuste. Bien planté et correctement nourri, il produira pendant des décennies avec très peu d'interventions. Ce guide rassemble l'expérience de la pépinière, point par point, du choix de l'emplacement à la récolte.
L'essentiel en une phrase : la grande majorité des problèmes que l'on nous rapporte vient d'un arrosage ou d'une fertilisation insuffisants, inexistants ou inadaptés. Si vous ne deviez retenir que deux gestes, ce seraient ceux-là.
Résistance au froid
La rusticité du figuier dépend de la variété, mais quelques repères valent pour toutes :
- En dessous de -16 °C / -17 °C, l'ensemble de la partie aérienne peut être
détruit. En revanche, le système racinaire n'est généralement pas atteint : l'arbre redonne de nouveaux rejets l'année suivante.
- En dessous de -12 °C, le bois de l'année risque de geler. Conséquence
importante : les variétés bifères se transforment alors en unifères, puisque les figues fleurs sont portées par le bois de l'année précédente.
- Les figues fleurs peuvent aussi chuter au printemps à la suite de gelées
tardives (jusqu'à début mai), de forts écarts de température jour/nuit ou de longues périodes de vent.
C'est pourquoi le choix de la variété est déterminant : dans les zones froides, on privilégiera les variétés rustiques et autofertiles. Notre page Choisir son figuier vous y aide.
Exposition
Le figuier adore les expositions très ensoleillées. Dans les zones froides, recherchez l'abri d'un talus ou d'un mur exposé plein sud, qui restitue la chaleur emmagasinée la journée.
Une remarque de pépiniériste : avec les murs modernes, peu de risques. Mais sur les bâtisses anciennes, souvent montées avec des mortiers maigres, les racines du figuier profiteront du moindre interstice — tenez-en compte au moment de choisir l'emplacement.
Sol
Le figuier est peu exigeant et s'accommode de tout type de sol. Sa croissance est cependant optimale dans les sols légers, plutôt sableux, profonds et fertiles. S'il préfère le calcaire, il s'adapte très bien aux sols acides.
Besoins en eau
Son système racinaire très développé l'aide à supporter des conditions sèches. Ses besoins annuels sont de l'ordre de 600 à 700 mm, surtout au printemps et au début de l'été. Il se plaît cependant beaucoup en conditions plus humides.
Deux règles d'or :
- Arrosages espacés mais copieux. Mieux vaut un gros arrosage de temps en
temps qu'un filet d'eau quotidien. L'eau doit pénétrer en profondeur.
- Attention aux figuiers plantés dans une pelouse. Les gazons sont arrosés
sur moins de 20 cm de profondeur, alors que les racines du figuier ont besoin d'eau bien plus bas. Un figuier en pelouse souffre souvent de soif sans qu'on s'en doute.
Période de plantation
Les plantes élevées en conteneur peuvent, en théorie, être plantées toute l'année. En pratique, évitez les périodes trop froides (risque de gel) comme les périodes trop chaudes (la plante demandera alors beaucoup de soins).
- Plantation d'automne : de la mi-octobre à la fin novembre. Avantage : la
plante s'installe plus rapidement.
- Plantation de printemps : de la mi-février à la mi-avril. À préférer dans
les zones les plus froides, ou lorsque les sols sont lourds, argileux et très humides.
Distance de plantation
Elle varie de 4 à 10 mètres selon la variété (petit ou grand développement), l'humidité du sol et l'effet recherché.
En verger, comptez 5 à 7 mètres entre les rangs et 4 à 6 mètres sur le rang, soit 250 à 400 plants par hectare.
Travail du sol
Le système racinaire du figuier est traçant, particulièrement dans les sols frais. Si vous travaillez le sol, faites-le superficiellement. L'enherbement, avec broyage ou fauchage de l'herbe, est une excellente alternative.
Nutrition
Le figuier est surtout exigeant en potasse. Il ne réclame pas de fortes doses d'azote : un excès d'azote provoque un développement végétatif trop intense, au détriment de la fructification.
| Type de sol | Engrais conseillé | Dose |
|---|---|---|
| Sol bien équilibré | Engrais type 4-8-12 | 100 à 150 g/an/m² |
| Sol bien équilibré | Engrais type 10-20-25 | 50 à 70 g/an/m² |
| Sol pauvre | Fumier composté + sulfate de potasse | 20 à 25 g/an/m² de potasse pure |
L'équilibre recherché entre Azote (N), Phosphore (P) et Potasse (K) est de type 1-2-3 ou 1-2-2,5.
La fumure doit être apportée en fin d'hiver, à l'aplomb du feuillage — et non au pied de l'arbre.
Taille et forme de l'arbre
Naturellement, le figuier pousse en cépée (plusieurs troncs partant de la souche). La cépée présente des avantages : arbres plus bas, donc récolte facilitée ; renouvellement des charpentières vieillissantes grâce aux rejets. Elle peut en revanche gêner le travail du sol.
Vous pouvez aussi conduire le figuier en gobelet, avec un tronc unique : il faudra alors éliminer régulièrement les rejets de souche. Le figuier se prête également très bien au palissage.
Quand tailler ? En raison de son bois creux et tendre, et de sa faible aptitude à cicatriser, la taille doit être effectuée au printemps, à la montée de sève. Mastiquez systématiquement les plaies (goudron de Norvège ou autre produit cicatrisant).
Unifères et bifères ne se taillent pas de la même façon :
- Les variétés unifères peuvent être taillées sévèrement sur toutes les
branches.
- Avec les variétés bifères, soyez prudent : limitez-vous à contenir la
hauteur et à un léger éclaircissage. Tout rameau supprimé est porteur de figues fleurs.
Ennemis et maladies
Contrairement à la plupart des fruitiers, le figuier est très robuste et demande peu ou pas de traitements. Ses trois principaux ennemis :
- La Teigne — une chenille qui tisse une toile sous la feuille. Une seule
génération, généralement fin mai / début juin. Traitement en cas de forte attaque uniquement (produit de type Bactospéine).
- Le Chancre — aucun traitement curatif. La prévention est tout :
masticage des plaies, bouillie bordelaise.
- La Mouche — surtout sur la côte sud-est, où les hivers sont doux. Les
piégeages restent les plus efficaces.
Attention : un mauvais état du feuillage (brunissement, jaunissement, chute des feuilles) n'est souvent qu'un problème physiologique — manque ou excès d'eau, déséquilibre minéral, brûlures par les embruns ou par le Mistral. Avant de traiter, vérifiez d'abord l'arrosage et la fertilisation.
Multiplication
Le figuier se multiplie par marcottage ou par bouturage. Les rejets qui se développent sur la souche conservent la variété — c'est ainsi que nous assurons, à la pépinière, 100 % de notre production.
- Le greffage ne présente aucun intérêt et reste difficile à réaliser.
- Le semis est à proscrire : une graine a autant de chances de donner un
figuier domestique qu'un caprifiguier (figuier mâle) aux fruits non comestibles.
Une question précise sur la culture de votre figuier ? Consultez notre FAQ ou contactez-nous — nous proposons aussi des études personnalisées.